Franchises médicales : ce que le doublement du plafond change vraiment

Publié : 6h32 par Alicia Méchin

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Le gouvernement va doubler le plafond annuel des franchises médicales sur les médicaments.

Une annonce qui peut laisser penser que tous les Français devront payer davantage à chaque passage en pharmacie. En réalité, le changement est plus subtil… et il ne concerne pas tout le monde. Aujourd'hui, une franchise médicale d'un euro est prélevée sur chaque boîte de médicaments remboursée. Mais ces prélèvements sont plafonnés à 100 euros par an. Une fois cette limite atteinte, le patient ne paie plus de franchises jusqu'à la fin de l'année.

C'est précisément ce mécanisme que le gouvernement souhaite modifier. Le montant de la franchise, fixé à un euro par boîte, ne change pas. En revanche, le plafond annuel passerait de 100 à 200 euros. Cette réforme ne touchera donc pas l'ensemble des assurés. En pratique, elle concernera surtout les patients qui atteignent aujourd'hui le plafond annuel, c'est-à-dire ceux qui ont le plus souvent recours aux soins ou qui suivent des traitements réguliers. Pour tous les autres, rien ne change : ils continueront à payer une franchise d'un euro par boîte, sans jamais atteindre le plafond.

Le véritable changement est donc juridique. Jusqu'à présent, le plafond constituait une limite à la participation financière demandée au patient. Une fois 100 euros versés, la loi mettait fin au prélèvement des franchises pour le reste de l'année. Avec un plafond fixé à 200 euros, cette protection est simplement repoussée. Autrement dit, le gouvernement ne modifie pas le principe des franchises médicales : il réduit la protection offerte par leur plafonnement.

Cette évolution illustre un choix assumé. Il ne s'agit pas de demander à tous les Français de contribuer davantage, mais de prolonger la participation financière de ceux qui utilisent le plus le système de santé. Les personnes concernées pourront ainsi payer jusqu'à 100 euros supplémentaires de franchises avant d'être exonérées pour le reste de l'année.

Derrière cette mesure technique se cache donc un changement de logique. Le débat ne porte pas sur le montant de la franchise, qui reste inchangé, mais sur le moment où le patient cesse de la payer. En clair, le gouvernement ne demande pas à tous les Français de payer davantage. Il choisit de protéger moins longtemps ceux qui ont le plus recours aux soins.