Indice de réparabilité : qui attribue vraiment la note de votre smartphone ?

Publié : 6h00 par Alicia Méchin

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Depuis juin 2025, les smartphones vendus dans l’Union européenne affichent une classe de réparabilité allant de A à E.

Depuis le 20 juin 2025, les smartphones et tablettes vendus neufs dans l’Union européenne doivent afficher une nouvelle étiquette énergétique. Celle-ci comporte notamment une classe de réparabilité, allant de A à E, ainsi que des informations permettant au consommateur d’accéder aux données relatives aux pièces détachées, à leurs prix indicatifs et aux instructions de réparation.

Sur le papier, le dispositif est particulièrement encadré. Le règlement européen fixe précisément la méthode de calcul de l’indice, qui repose sur plusieurs critères : facilité de démontage, outils nécessaires, disponibilité des pièces détachées, durée des mises à jour logicielles ou encore accès aux informations de réparation.

Mais qui attribue concrètement la note ? C’est là que le fonctionnement du système est moins intuitif.

Le règlement européen prévoit que le fournisseur calcule lui-même la valeur de l’indice et l’inscrit dans la fiche d’information du produit. Il doit également conserver une documentation technique permettant de justifier les informations déclarées.

Cela ne signifie pas pour autant que les fabricants sont dispensés de tout contrôle. La surveillance intervient ensuite : les autorités nationales peuvent vérifier si les caractéristiques déclarées correspondent réellement au produit commercialisé. En France, cette mission relève notamment de la DGCCRF.

Or, une enquête menée par la coalition Right to Repair Europe et portant sur 2 334 fiches de smartphones fait état de nombreuses anomalies. Selon cette enquête, environ 80 % des modèles examinés ne fourniraient pas correctement certaines informations obligatoires sur la réparation : liens inutilisables, informations incomplètes ou absence de données suffisamment précises sur les pièces détachées.

Le dispositif européen repose donc sur un mécanisme assez particulier : l’Union fixe la méthode, le fabricant calcule et déclare, puis les autorités peuvent contrôler.

Ainsi, lorsqu’un consommateur voit apparaître un A, un B ou un C sur son smartphone, il ne regarde pas une note attribuée après un test européen préalable. Il regarde une déclaration du fabricant, calculée selon les règles européennes.