Intelligence artificielle : pourquoi les jeunes débutants sont déjà les premiers touchés sur le marché du travail

Publié : 6h23 par La rédaction

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Une étude de l’université Stanford révèle un décrochage de l’emploi chez les 22-25 ans dans les métiers les plus exposés à l’intelligence artificielle.

On parle beaucoup des emplois que l’intelligence artificielle pourrait remplacer dans les prochaines années. Mais ses effets sur le marché du travail seraient déjà visibles, et particulièrement chez les plus jeunes. C’est ce que révèle une étude de l’université américaine Stanford, qui met en évidence un décrochage de l’emploi chez les 22-25 ans dans les professions les plus exposées à l’IA.

Dans des secteurs comme le développement informatique ou le service client, le niveau d’emploi des jeunes accuse un retard de 19 % par rapport à celui qu’il aurait atteint si ces métiers avaient suivi la même évolution que les professions les moins exposées à l’intelligence artificielle. Ce phénomène s’expliquerait principalement par un ralentissement des recrutements, plutôt que par une multiplication des licenciements. Autrement dit, les entreprises embaucheraient moins de jeunes débutants dans certains métiers.

 

Des tâches de début de carrière plus faciles à automatiser

Comment expliquer que les jeunes soient davantage touchés que les salariés expérimentés ? Les chercheurs avancent une piste : en début de carrière, les salariés se voient souvent confier des tâches reposant sur des connaissances acquises pendant leurs études ou décrites dans des procédures. Il peut s’agir d’analyser des documents, de préparer des rapports ou encore de traiter des données.

Or, ce sont précisément des activités que l’intelligence artificielle sait de mieux en mieux réaliser. À l’inverse, les salariés expérimentés disposent d’un savoir-faire acquis sur le terrain, notamment pour gérer des situations imprévues ou prendre des décisions. Des compétences plus difficiles à automatiser.

Les chercheurs restent toutefois prudents : leur étude met en évidence une corrélation, mais ne permet pas d'affirmer que l'IA est la seule responsable de ce décrochage.

 

Un risque pour les débuts de carrière

Au-delà du nombre d’emplois susceptibles d’être remplacés, cette évolution soulève une autre question : celle de l'accès à l'expérience professionnelle. Si les entreprises automatisent les tâches autrefois confiées aux débutants et recrutent moins de jeunes, les premières marches de la vie professionnelle pourraient progressivement disparaître.

Un phénomène qui pourrait compliquer l'entrée des nouvelles générations sur le marché du travail.