L’Europe peut-elle renforcer sa défense sans l’OTAN ?

Publié : 6h00 par Alicia Méchin

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Face aux tensions croissantes dans l’Arctique, douze pays européens veulent renforcer la présence de l’Union dans la région.

L’Arctique est devenu un nouvel espace de confrontation stratégique. Douze pays de l’Union européenne, dont la France, se sont réunis en Finlande pour réfléchir aux moyens de renforcer la sécurité européenne dans cette région. Les ambitions russes, mais aussi les déclarations de Donald Trump sur le Groenland, ont contribué à placer cette zone du globe au cœur des préoccupations européennes.

Mais derrière cette volonté de renforcer la présence européenne se cache une question essentielle : l’Union européenne peut-elle construire sa propre puissance militaire sans l’OTAN ? La réponse est oui… mais avec une limite importante.

L’Union européenne dispose de sa propre politique de sécurité et de défense. Elle peut financer des capacités militaires, développer son industrie de défense et conduire des opérations communes. Les États membres peuvent donc renforcer ensemble leurs moyens militaires sans attendre une décision de l’OTAN.

Mais cela ne signifie pas que l’Union pourrait simplement remplacer l’Alliance atlantique par une « armée européenne ».

La raison est inscrite dans les propres traités européens. L’article 42 du traité sur l’Union européenne organise la politique de sécurité et de défense commune, mais précise également que, pour les États membres de l’OTAN, l’Alliance reste le fondement de leur défense collective.

Autrement dit, l’Europe peut développer davantage de capacités militaires et être capable d’agir davantage par elle-même. Mais lorsqu’il s’agit de la défense collective des pays européens membres de l’OTAN, l’Alliance atlantique reste le cadre principal.

C’est toute la subtilité de la stratégie européenne actuelle : il ne s’agit pas nécessairement de choisir entre l’Europe et l’OTAN. L’objectif est plutôt de rendre les Européens beaucoup plus capables militairement, tout en restant dans l’Alliance.

L’enjeu dans l’Arctique dépasse donc la seule présence militaire. Il s’agit aussi de savoir si l’Europe peut progressivement disposer des moyens nécessaires pour défendre ses intérêts et agir davantage de manière autonome, sans pour autant construire une architecture de défense destinée à remplacer l’OTAN.