La Corée du Sud officialise son projet de sous-marin nucléaire

Publié : 11h31 par Alicia Méchin

Crédit image: Pixabay

La Corée du Sud a annoncé vouloir se doter de sous-marins à propulsion nucléaire opérationnelle, avec un objectif de la seconde moitié des années 2030.

Pour Séoul, la fabrication d'un sous-marin nucléaire constituerait un bond en avant pour son industrie navale et de défense, et lui permettrait d'entrer dans le groupe restreint des 7 pays qui en sont dotés, comme la France.

Quel est l’enjeu de ce sous-marin ? Pourquoi seulement sept pays le détiennent ?

Il y a un enjeu juridique et stratégique : le nucléaire naval est l’une des rares activités militaires nucléaires autorisées par le droit international aux États qui n’ont pas la bombe atomique. Pour rappel, seules 5 puissances sont autorisées à l’avoir par le Traité de non-prolifération : la France, les Etats-Unis, la Russie, la Chine et le Royaume-Uni. Car le droit international n’interdit pas “le nucléaire”. Il interdit surtout l’arme nucléaire à la majorité des États. Le Traité de non-prolifération nucléaire, signé pendant la Guerre froide, repose sur un compromis : les pays renoncent à la bombe atomique, mais conservent un “droit inaliénable” au nucléaire civil. Centrales électriques, recherche, médecine, industrie : tout cela est légal.

 

La Corée du Sud est d’ailleurs déjà une grande puissance nucléaire civile. Elle possède des réacteurs, exporte son savoir-faire et maîtrise des technologies très avancées. Le futur sous-marin sud-coréen ne serait donc pas une “arme nucléaire”, mais un navire utilisant un réacteur nucléaire pour sa propulsion. Et c’est précisément là que se niche le paradoxe.

 

Un sous-marin nucléaire n’est pas nucléaire par ses missiles, mais par son moteur. Contrairement à un sous-marin classique, obligé de remonter régulièrement à la surface pour recharger ses batteries, il peut rester immergé pendant des semaines, voire des mois. Le réacteur lui apporte endurance, discrétion et autonomie stratégique. Dans une région marquée par la montée en puissance chinoise et les tensions avec la Corée du Nord, cet avantage est considérable.

Pourquoi seuls quelques pays possèdent-ils cette technologie ? Parce qu’elle exige une combinaison rarissime : une industrie navale de pointe, une maîtrise avancée du nucléaire et une ambition géopolitique majeure. Construire un réacteur miniature capable de fonctionner silencieusement sous l’eau est l’un des défis industriels les plus complexes au monde.

Mais il existe aussi une dimension beaucoup moins connue : le nucléaire naval constitue l’une des rares activités militaires nucléaires autorisées aux États qui ne possèdent pas la bombe atomique. Juridiquement, un sous-marin nucléaire reste donc légal. Stratégiquement, en revanche, il rapproche un pays du cercle fermé des grandes puissances.

Le paradoxe est là : officiellement, ce n’est pas une arme nucléaire. Historiquement, pourtant, très peu de pays ont maîtrisé cette technologie sans changer de statut géopolitique.

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