La SNCF se convertit au « no kids », une annonce qui divise

Publié : 9h43 par Alicia Méchin

Crédit image: Pixabay

La SNCF a récemment créé la polémique en annonçant le lancement d’une nouvelle offre baptisée « Optimum », destinée à remplacer l’ancienne Business Première, et interdite aux enfants.

Présentée comme une montée en gamme, cette catégorie promet aux voyageurs un confort accru, un espace plus calme… et surtout, une particularité qui fait débat : l’exclusion des enfants.

Selon la compagnie ferroviaire, cette offre vise avant tout une clientèle professionnelle en quête de tranquillité, notamment lors de déplacements en semaine. La SNCF précise que les voitures « Optimum » ne représentent que 8 % de l’espace total des TGV et qu’elles ne sont proposées que du lundi au vendredi. Une mesure donc limitée, assumée, et présentée comme proportionnée aux attentes de certains voyageurs.

Pourtant, l’annonce ne fait pas l’unanimité. Car si des hôtels ou des resorts peuvent légalement se déclarer « adult only », la situation est bien différente pour la SNCF.

Est-ce que la SNCF peut légalement le faire aussi ?

Contrairement à un établissement privé proposant un service facultatif, le train constitue un service public essentiel, souvent sans alternative équivalente, notamment pour les déplacements professionnels ou familiaux.

C’est là que le débat juridique s’installe. L’article 225-1 du Code pénal interdit toute distinction fondée sur l’âge, sauf si celle-ci est objectivement justifiée et proportionnée à un objectif légitime. En restreignant l’accès à certaines voitures sur la base de l’âge des passagers, la SNCF pourrait être accusée de discrimination indirecte.

En clair, la compagnie n’est pas automatiquement dans l’illégalité. Mais elle devra être en mesure de démontrer que cette restriction est strictement nécessaire, qu’elle répond à un objectif légitime — comme la qualité du service — et qu’elle reste proportionnée. À défaut, la mesure pourrait être contestée, notamment devant le Défenseur des droits.

Au fond, le débat ne porte pas tant sur l’âge que sur la restriction d’accès à un service essentiel. Sans justification solide, cette frontière entre confort et discrimination reste juridiquement fragile.

Réécoutez la chronique :