Manifestations en Iran : pourquoi Donald Trump s'en mêle

Publié : 10h37 par Alicia Méchin

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Depuis la fin du mois de décembre, l’Iran est secoué par une vague de manifestations. Donald Trump a annoncé que Téhéran était prêt à négocier.

Au moins 648 manifestants selon l'ONG Iran Human Rights ont été tués en deux semaines de contestation en Iran. Déclenchée fin décembre à Téhéran sur fond de crise économique, la contestation s’est rapidement transformée en mouvement plus large, portant aussi sur les libertés publiques et la répression du régime. 

Très vite, la contestation a dépassé les seules revendications économiques. Les slogans et les mots d’ordre ont évolué pour dénoncer plus largement les atteintes aux libertés publiques, la corruption, ainsi que la répression exercée par le régime. Cette transformation du mouvement a accentué la nervosité des autorités, qui y voient une remise en cause directe de la République islamique et de ses fondements politiques.

Pourquoi Donald Trump intervient ?

Dans ce contexte tendu, les déclarations de Donald Trump ont attiré l’attention. L’ancien président américain a affirmé que Téhéran serait prêt à négocier et qu’une réunion avec les dirigeants iraniens était en préparation. Une prise de position qui soulève une question récurrente : pourquoi le président des États-Unis s’implique-t-il aussi directement dans une crise intérieure iranienne ?

Contrairement à l’idée d’une ingérence motivée uniquement par des considérations politiques ou géostratégiques, cette implication s’inscrit aussi dans un cadre juridique précis. Le droit américain impose en effet au président de réagir face à des violations massives et avérées des droits humains à l’étranger. Parmi les outils à sa disposition figure le Global Magnitsky Act, une loi qui autorise — et dans une certaine mesure oblige — l’exécutif américain à sanctionner les responsables de graves atteintes aux droits fondamentaux, où qu’ils se trouvent dans le monde.

Ce dispositif permet notamment de geler des avoirs, d’interdire l’accès au territoire américain et d’exclure du système financier international les individus ou entités visés. L’efficacité de ces sanctions repose sur la position singulière des États-Unis dans l’ordre mondial. Le dollar demeure la principale monnaie de référence internationale, et une part considérable des transactions financières transite par des banques américaines ou des infrastructures sous juridiction des États-Unis. Dès lors, une décision prise à Washington peut avoir des conséquences économiques immédiates et lourdes pour les responsables ciblés.

Cette capacité d’action confère aux États-Unis un rôle particulier, à la fois juridique et systémique. Donald Trump ne s’exprime donc pas uniquement par calcul politique ou par opportunisme diplomatique : il agit dans un cadre où le droit américain, combiné à la centralité financière et diplomatique des États-Unis, fait du président américain un acteur presque incontournable face à des violations massives des droits humains.

En conclusion, la crise iranienne illustre la complexité des interactions entre mouvements populaires, répression étatique et réactions internationales. Si la situation demeure extrêmement volatile sur le terrain, elle met également en lumière la manière dont le droit et l’architecture financière mondiale peuvent transformer une puissance étrangère en intervenant obligé, capable d’exercer une pression réelle sur un régime contesté.

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