Manifeste-t-on plus en France qu’ailleurs ?

Publié : 6h00 par La rédaction

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Les Français ont la réputation d'être les champions de la contestation. Mais manifestent-ils réellement davantage que leurs voisins européens ?

Les Français seraient-ils les rois de la manifestation ? C'est un cliché bien ancré, régulièrement relayé par la presse étrangère. Grèves, cortèges, rassemblements : la France semble entretenir une relation particulière avec la contestation sociale. Pourtant, elle est loin d'être la seule à descendre dans la rue. Ces dernières semaines, des mobilisations ont également eu lieu à Milan, en Italie, mais aussi en Grèce, en Albanie et au Portugal. Parmi les revendications : la hausse du coût de la vie, les conditions d'études ou encore les difficultés d'accès au logement.

Selon les données de l'ACLED (Armed Conflict Location & Event Data), une organisation internationale indépendante qui recense les manifestations et les violences politiques à travers le monde, la France occuperait la quatrième place européenne pour le nombre de manifestations enregistrées entre 2020 et septembre 2026. Elle se situerait ainsi derrière l'Italie, l'Allemagne et l'Espagne. Un classement qui vient relativiser la réputation des Français, même si le nombre de rassemblements ne renseigne pas sur celui de leurs participants.

 

Une particularité française : le nombre d'émeutes

En revanche, la situation serait différente lorsqu'on s'intéresse aux événements classés comme des émeutes par l'ACLED. Depuis 2020, l'organisation aurait recensé 1 187 émeutes en France, contre moins de 800 en Allemagne, deuxième pays du classement cité. Une distinction importante : l'ACLED utilise sa propre classification statistique. Elle désigne notamment comme émeutes des événements au cours desquels des participants commettent des violences physiques ou matérielles. Il ne s'agit donc pas nécessairement d'émeutes au sens juridique français.

Ces chiffres ne signifient pas non plus que les manifestations françaises sont proportionnellement plus violentes. Pour l'affirmer, il faudrait comparer la part des événements violents dans l'ensemble des manifestations de chaque pays. La France possède incontestablement une forte tradition de mobilisation sociale. Mais elle ne détient pas le monopole de la contestation en Europe.

La particularité mise en évidence par ces données serait donc moins la fréquence des manifestations que le nombre d'épisodes de violences recensés. De quoi nuancer l'image d'un pays où l'on manifesterait davantage que partout ailleurs.