Médicaments à l’unité : pourquoi est-ce si compliqué de faire comme les Etats-Unis ?

Publié : 19 octobre 2026 à 6h00 par La rédaction

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Les députés ont adopté la semaine dernière en commission un amendement au budget de la Sécurité sociale pour 2027 visant à développer la délivrance de médicaments à l’unité.

Pourquoi délivrer une boîte entière lorsqu’un patient n’a besoin que de quelques comprimés ? C’est le raisonnement qui sous-tend la délivrance de médicaments à l’unité. Dans le cadre de l’examen du budget de la Sécurité sociale pour 2027, les députés ont adopté en commission un amendement visant à étendre cette pratique à certains médicaments.

Le principe consiste à remettre au patient le nombre exact de doses correspondant à son traitement, plutôt que de lui délivrer systématiquement une boîte complète. L’objectif est double : éviter que des médicaments inutilisés s’accumulent dans les armoires à pharmacie et limiter les dépenses associées à ces traitements.

La France ne part toutefois pas de zéro : la délivrance à l’unité existe déjà pour certains médicaments, notamment des antibiotiques. Mais étendre cette pratique à davantage de produits représente un défi bien plus important.

 

Toute une chaîne organisée autour de la boîte

Pourquoi ne pas adopter le fonctionnement courant aux États-Unis, où les pharmaciens préparent fréquemment un flacon contenant la quantité prescrite à partir de contenants de stock ?

La différence tient à l’organisation du système. En France, les médicaments sont généralement conditionnés en boîtes par les laboratoires, puis distribués aux pharmacies. La boîte constitue ainsi l’unité de référence de toute la chaîne, de la fabrication à la gestion des stocks.

Passer à une délivrance organisée autour du nombre de comprimés nécessite donc plusieurs adaptations. Les pharmacies doivent pouvoir gérer les quantités restantes, assurer la traçabilité des doses et fournir au patient les informations nécessaires à leur utilisation en toute sécurité. Les logiciels, les conditionnements et les règles de rémunération des pharmaciens doivent également être adaptés.

 

Une réforme plus complexe qu’il n’y paraît

Dans ses travaux sur la délivrance à l’unité, la Cour des comptes souligne les transformations qu’impliquerait un changement de modèle à grande échelle. Une telle évolution toucherait non seulement les pharmacies, mais aussi les fabricants et les circuits de distribution. Les économies attendues restent par ailleurs incertaines.

L’enjeu dépasse donc la simple ouverture d’une boîte : il s’agit de repenser une organisation construite autour du conditionnement par le fabricant.

La délivrance à l’unité est déjà possible dans certains cas. La généraliser suppose désormais de déterminer comment préserver la sécurité des patients tout en adaptant l’ensemble du système.

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