Moyen-Orient : Trump évoque une guerre « presque terminée »

Publié : 10h23 par Alicia Méchin

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Le président américain Donald Trump a récemment affirmé que la guerre au Moyen-Orient était « quasiment terminée ».

Selon les informations communiquées par la Maison-Blanche, Trump estime que les capacités militaires de l’Iran auraient été largement neutralisées. Il a notamment déclaré que Téhéran ne disposerait plus véritablement de « marine », ni de « communications », ni de « force aérienne » opérationnelles. Sur cette base, le président américain a affirmé que la guerre avançait « très en avance » sur le calendrier qu’il avait lui-même évoqué quelques semaines plus tôt, soit une durée estimée de quatre à cinq semaines.

Mais peut-on réellement prévoir la durée d’une guerre ? Dans la pratique, les conflits armés échappent souvent aux prévisions politiques. Leur évolution dépend de nombreux facteurs : situation militaire sur le terrain, alliances internationales, réactions des opinions publiques ou encore dynamiques internes aux pays concernés.

La déclaration de Trump sur le calendrier pourrait toutefois avoir une dimension plus stratégique que purement militaire. En effet, aux États-Unis, l’engagement des forces armées est encadré par la War Powers Resolution, une loi adoptée en 1973 après la guerre du Vietnam. Celle-ci impose au président d’informer le Congrès dans les 48 heures suivant le début d’une opération militaire et limite l’engagement des troupes à 60 jours sans autorisation formelle du Congrès.

Au-delà de ce délai, un vote parlementaire est normalement nécessaire pour prolonger l’intervention. Dans les faits, cette loi est régulièrement contestée par les présidents américains, qui invoquent leur rôle constitutionnel de commandant en chef des forces armées. Cependant, annoncer que le conflit est proche de son terme permet de rester dans une zone juridique plus confortable.

En présentant la guerre comme presque achevée et plus rapide que prévu, l’exécutif réduit ainsi le risque d’une confrontation directe avec le Congrès. Un refus de ce dernier pourrait en effet entraîner une crise politique ou judiciaire, sans pour autant provoquer un retrait immédiat des troupes.

Au final, cette communication remplit plusieurs fonctions : rassurer l’opinion publique, calmer les marchés et maintenir l’action militaire dans un cadre légal relativement souple. Reste à savoir si la réalité sur le terrain confirmera cet optimisme politique.

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