Covid-19 : l’intention vaccinale a chuté depuis le printemps, selon une étude tourangelle

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Des chercheurs et chercheuses de la prestigieuse université d'Oxford travaillent à l'élaboration d'u
Crédit: Steve Parsons / POOL / AFP - Photo d'illustration

28 décembre 2020 à 5h30 par Etienne Escuer

Si les Français souhaitaient majoritairement se faire vacciner en avril dernier contre le covid, la situation n'est plus tout à fait la même cet automne.

Les Français ont-ils l’intention de se faire vacciner, alors que la campagne a officiellement débuté ce dimanche 27 décembre ? Laurent Maubisson, un enseignant-chercheur à l’IAE de Tours, et ses étudiants ont mené une enquête sur le sujet ces derniers mois. Ils ont établi un panel d’un peu plus de mille personnes, représentatif de la population française de moins de 65 ans. D’après leurs travaux, 53% des Français envisageraient de se faire vacciner, un chiffre supérieur aux derniers sondages réalisés par des instituts. Loin d’être idéal, mais meilleur que lors de l'épidémie de grippe de 2017, par exemple. En revanche, l’étude montre surtout qu’entre avril et novembre, la confiance des Français envers le vaccin contre le covid s’est dégradée.

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Notice Explicative - Vaccin... by Escuer

Une transparence et une communication qui arrivent trop tardivement

Comment expliquer cette baisse ? Laurent Maubisson, interviewé en juin dernier, mettait déjà en garde contre les conséquences d’un manque de transparence et de communication sur le vaccin. Ses craintes se sont donc vérifiées. « On a eu un manque d’information ces derniers mois sur le processus de développement de ces vaccins, notamment sur les résultats des essais cliniques », explique l’enseignant-chercheur. « Et là, hop, on nous donne les résultats d’un coup. Or, la confiance se construit avec le temps. Quand on ne connaît pas quelqu’un, on n’a pas forcément confiance en lui. »

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La crainte d'un vaccin efficace, mais dont personne ne veut

Un vaccin efficace qui a fait l’objet d’investissements conséquents, mais dont personne ne veut : c’est la crainte de Laurent Maubisson. Gouvernement, laboratoires et médias auraient dû mieux communiquer tout au long du processus d’élaboration des vaccins selon lui. « Ils se sont focalisés sur le développement du vaccin, mais beaucoup moins sur l’acceptation par les Français. C’est très bien de sortir un produit efficace, mais on va demander aux gens de s’injecter un produit dont ils ont assez peu de connaissances dessus », confie-t-il. « S’il y avait une communication plus progressive et pédagogique, peut-être que l’avis des Français serait meilleur. »

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Si le gouvernement a annoncé vouloir faire preuve de transparence ces derniers jours, n’est-il pas trop tard ? La composition même des vaccins n’a que très peu été évoquée, alors que plusieurs d’entre eux (ceux de Pfizer et Moderna) utilisent une technologie différente, l’ARN-messager.

Les anti-vaccins très visibles, mais jugés peu crédibles

Sur les réseaux sociaux, les militants anti-vaccins sont, en plus, particulièrement visibles. Pour autant, leur avis influence-t-il beaucoup les Français ? « D’après notre étude, les informations en provenance des blogs et des forums n’ont pas d’influence sur la confiance envers les vaccins », explique Laurent Maubisson. « Ces informations négatives se propagent beaucoup plus vite et sont plus visibles. Mais dans notre échantillon, les répondants n’accordaient pas de crédit aux blogs et forums. »

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L’étude tourangelle montre en effet que les informations délivrées par le gouvernement et les laboratoires conservent plus d’impact sur les Français. Les prochains mois lui donneront raison ou tort.