COVID : de grandes enseignes demandent leur réouverture au plus tard le 10 mai"

VIBRATION
Chaque semaine de fermeture appauvrit et fragilise également les réseaux des grandes enseignes.
Crédit: CC BY Mohatatou

22 avril 2021 à 5h53 par Iris Mazzacurati

150 000 magasins sont fermés depuis le 3 avril. Les principales fédérations du commerce et quelque 150 patrons, franchisés et affiliés de réseaux d'enseignes signent dans "Le Parisien-Aujourd'hui en France", un "plaidoyer pour une réouverture impérative de tous les commerces au plus tard le 10 mai", un mois "capital en termes d'activité".

Signée par 12 fédérations dont celles de la franchise, la bijouterie, l'ameublement, le prêt-à-porter féminin, la chaussure, le commerce de centre ville...- et des dirigeants d'enseignes (Beauty Success, Brand Sisters, Burton, But, Casa, Celio...), cette tribune publiée jeudi 22 avril, demande au gouvernement d''acter dès à présent" cette date pour "tous les points de vente, quelles que soient leur taille et leur localisation".

"Nous prenons (...) notre part à l'effort collectif de lutte contre la Covid, mais cette situation de fermeture ne peut plus durer. Elle met gravement en péril nos entreprises et inquiète nos 800 000 collaborateurs", affirment les signataires, pointant aussi les conséquences pour tout l'écosystème (fournisseurs, franchisés, marques, bailleurs...) et les villes qui subissent une vacance commerciale.

Après avoir perdu plus de 20% de chiffre d'affaires en moyenne en 2020, les grandes enseignes ont encore perdu 30% d'activité depuis le début de l'année, et chaque semaine de fermeture appauvrit et fragilise les réseaux. Cela se traduit par "des problèmes importants de trésorerie, à un niveau de stock invendu croissant, l'annulation de nos investissements, la hausse de l'endettement de nos entreprises du fait des PGE (prêt garanti par l’Etat)… ce qui aggravent le risque de suppression de magasins et d'emplois", détaillent les commerçants.

Des ventes générées par la Fête des mères

Selon Emmanuel Le Roch, délégué général de Procos, fédération représentante du commerce spécialisée, "les aides ont été mieux dimensionnées pour les petits commerçants, et c'est une bonne chose, mais on surestime la solidité des réseaux qui ont 200 ou 300 magasins : c'est en fait un ensemble de petites exploitations, et comme les aides ne peuvent pas compenser des périodes aussi longues de fermeture, il faut absolument rouvrir".

"Mai est plus important que mars ou avril : il ne faut pas rouvrir trop tard, pour les acteurs du textile ou ceux qui dépendent des ventes générées par la Fête des mères", dit-il.

Il a par ailleurs appelé le gouvernement, qui a "pris des engagements fermes sur l'indemnisation des charges fixes, des loyers et des stocks invendus", à "verser rapidement des compensations à la hauteur des enjeux".





(Avec AFP)