Gel des vignes : « au moins 50% » de dégâts en Bourgogne

VIBRATION
Malgré les nombreuses bougies allumées dans les vignes, les viticulteurs bouguignons s'attendent à d
Crédit: JEFF PACHOUD / AFP

9 avril 2021 à 9h23 par Etienne Escuer

Les viticulteurs de Bourgogne dressent un premier bilan des conséquences de l'épisode de gel cette semaine. Et ne sont guère optimiste.

« On a au moins 50% de dégâts », indique ce vendredi 9 avril François Labet, président du Bureau interprofessionnel des vins de Bourgogne (BIVB). Un épisode sévère de gel a touché la région cette semaine. « Les vignes les plus en avance, c'est-à-dire le chardonnay, sont fortement touchées. Le pinot noir était plus en retrait au niveau avancement donc il est potentiellement moins touché », précise François Labet.

Pire qu'en 2016 ?

Le dernier épisode de gel violent datait de seulement 2016, et « ce pourrait être pire » cette année, estime le président du BIVB. « En 2016, on n'avait qu'un coup de blizzard. Cette fois-ci, on a eu trois nuits de fortes gelées et, la dernière nuit, on avait épuisé nos cartouches de bougies ». Frédéric Gueguen, qui possède 26 hectares de Chablis à Préhy, dans l’Yonne, estimait auprès de Vibration que « la quasi-totalité » de sa récolte était anéantie et misait sur l’arrivée des contre-bourgeons dans les prochaines semaines pour tenter de sauver un peu sa production.

« Il y en a qui en ont marre d'être vigneron »

Du côté de vignes des prestigieuses Hospices de Beaune, ce n’est guère mieux. « En 2016, le gel avait frappé plus par zone. Cette fois, la vague de froid est tombée sur tout le monde », confie Ludivine Griveau, la régisseuse. « On sent du découragement. Il y en a qui en ont marre d'être vigneron. On parle du gel en avril et, en juin, on parlera de sécheresse. Il faut tout changer, modifier nos conditions de production et assez vite, et travailler sur des clones de cépage moins précoces », estime-t-elle.

Le ministre de l’Agriculture, Julien Denormandie, doit se rendre au chevet des viticulteurs ce vendredi, dans la région voisine, en Centre-Val de Loire. Il est attendu à 15h à Parcay-Meslay, en Indre-et-Loire, selon La Nouvelle République. Le ministre a annoncé que le régime de calamités agricoles allait être activé. Assurables, les vignes ne rentrent toutefois pas dans le dispositif.

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