Pauvreté : du jamais-vu "depuis la Deuxième Guerre mondiale", selon le Secours populaire

30 septembre 2020 à 8h00 par Iris Mazzacurati

VIBRATION
1 Français sur 3 a subi une perte de revenu.
Crédit : Pixabay - photo d'illustration

Le nombre de demandes d'aide alimentaire adressé du Secours populaire a explosé pendant le confinement. Une première pour la moitié des bénéficiaires, selon le baromètre de la précarité publié par l'association, mercredi 30 septembre.

Pendant les deux mois du confinement, 1 270 000 personnes ont sollicité l'aide du Secours populaire dans ses permanences d'accueil - contre 3,3 sur toute l'année 2019. Parmi ces demandeurs, 45% étaient jusque-là inconnus de l'association, indique ce baromètre réalisé avec Ipsos.

"Un chiffre absolument énorme", s'alarme Henriette Steinberg, secrétaire générale de l'association. "Mais j'ai bien peur que ce soit encore en train d'augmenter.

Le confinement a aussi accentué les inégalités scolaires, avec le "manque de matériel informatique (ordinateurs, imprimantes) et d'accès à internet pour suivre l’école à distance, des logements exigus ne permettant pas de s’isoler pour étudier dans le calme", souligne l'association, rappelant que 500 000 enfants auraient décroché scolairement.

Les étudiants, nombreux à occuper de petits boulots pour financer leurs études, représentent une autre catégorie durement touchée par la crise et le chômage qui l'a accompagnée. "Nous n'avons jamais vécu une situation pareille depuis la Deuxième Guerre mondiale, et il y a urgence pour aider tous ces gens", affirme la responsable associative. "Beaucoup n'avaient jamais demandé d'aide à personne. Et là, non seulement ils n'ont plus de quoi se nourrir, mais ils ne peuvent plus payer leur loyer ni l'électricité".

En 2019, le Secours populaire avait au total aidé près de 3,3 millions de personnes et s'attend à un chiffre "largement supérieur" pour 2020.

En France, la forte hausse du chômage déjà enregistrée en 2020 risque de continuer, avec 800 000 suppressions d'emplois attendues cette année selon la Banque de France, avant même l'annonce de nouvelles mesures de restrictions sanitaires le 23 septembre.

Selon l’ONU, à l'échelle mondiale, la pandémie de Covid-19 pourrait faire basculer plus de 130 millions de personnes supplémentaires dans la faim chronique d'ici à la fin de l'année.

(Avec AFP)