Ouigo : une offre plus si low cost que ça

Publié : 9h34 par Alicia Méchin

Crédit image: wikimédias commons @Kabelleger / David Gubler

Présentée comme l’alternative abordable au TGV classique, l’offre Ouigo a longtemps incarné le train à grande vitesse version low cost.

Pourtant, l’addition s’alourdit. En sept ans, les prix ont bondi de 75 % en moyenne. Entre 2017 et 2024, le billet moyen est passé de 19,80 euros à 34,70 euros. Une hausse qui interroge, alors même que la promesse initiale reposait sur des tarifs cassés et une accessibilité accrue.

Ouigo, marque à bas coûts de la SNCF, continue d’afficher des prix d’appel attractifs. Mais derrière ces offres limitées, la réalité moyenne des billets raconte une autre histoire. Inflation, énergie, coûts d’exploitation : les explications classiques existent. Cependant, un facteur plus structurel pèse lourdement sur la facture finale.

Chaque billet Ouigo intègre un coût souvent invisible pour le voyageur : les péages ferroviaires. Ces redevances sont versées par les opérateurs à SNCF Réseau pour utiliser les lignes, notamment les lignes à grande vitesse (LGV). Or ces infrastructures ont été financées massivement par la dette publique. Leur construction, leur entretien et leur modernisation représentent des montants considérables.

Depuis une directive européenne adoptée en 2012, les gestionnaires d’infrastructure doivent fixer des tarifs couvrant au minimum les coûts directement liés à la circulation des trains. En clair, les péages doivent refléter les dépenses d’entretien, d’exploitation et, dans une certaine mesure, de financement du réseau. Lorsque ces coûts augmentent, les redevances suivent.

Et lorsque les redevances augmentent, les opérateurs n’ont guère d’autre choix que de répercuter une partie de la hausse sur les billets. Même un modèle optimisé comme Ouigo — trains densifiés, services simplifiés, rotation rapide — ne peut échapper à cette contrainte structurelle.

Résultat : le low cost ferroviaire circule sur une infrastructure qui, elle, n’a rien de low cost. Derrière la promesse marketing, le prix du billet dépend d’un réseau coûteux, financé sur le long terme et soumis à des règles européennes strictes. La hausse des tarifs n’est donc pas seulement commerciale : elle est aussi le reflet d’un modèle ferroviaire où l’infrastructure pèse, durablement, sur chaque trajet.

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