Pourquoi Donald Trump donne l'impression de pouvoir faire ce qu'il veut
Publié : 5h34 par Alicia Méchin
Nouvelle polémique autour de Donald Trump. Le président américain a lancé les travaux d'une immense salle de bal à la Maison-Blanche.
Un projet initialement estimé à 200 millions de dollars et dont le coût pourrait être bien supérieur. De quoi alimenter une question récurrente : Donald Trump fait-il simplement ce qu'il veut ? À première vue, la réponse semble être oui. Mais cette impression repose souvent sur une mauvaise compréhension du fonctionnement des institutions américaines.
En France, nous avons tendance à imaginer qu'une décision importante doit recevoir une autorisation préalable : validation budgétaire, procédure administrative, contrôle juridique, avis des différentes autorités. Nous sommes habitués à un État où les règles et les procédures interviennent avant l'action. Or, ce n'est pas ainsi que fonctionne la Constitution américaine.
Dans les domaines relevant de l'exécutif, le président dispose d'une très large liberté d'action. Il peut engager l'administration fédérale, lancer des projets ou prendre des décisions relevant de ses compétences, jusqu'à ce qu'une autre institution lui oppose une limite. Cette limite peut venir d'un tribunal, du Congrès ou directement de la Constitution.
Autrement dit, le système américain repose davantage sur un contrôle a posteriori. Le président agit, puis les contre-pouvoirs interviennent s'ils estiment qu'il a dépassé son mandat.
La comparaison avec la France est éclairante. Le président français est lui aussi très puissant politiquement, mais il ne peut pas engager seul une nouvelle dépense publique majeure. L'argent de l'État est placé sous le contrôle du Parlement. Les grandes dépenses doivent généralement s'inscrire dans un cadre budgétaire voté par les députés et les sénateurs.
C'est pourquoi certaines initiatives de Donald Trump peuvent sembler déroutantes vues depuis l'Europe. Elles donnent parfois l'impression d'un pouvoir sans limite alors qu'elles s'inscrivent souvent dans une logique institutionnelle différente.
La véritable différence n'est donc pas que le président américain serait un « roi » tandis que le président français serait impuissant. Elle est ailleurs : aux États-Unis, les contre-pouvoirs interviennent souvent après l'action ; en France, ils interviennent plus fréquemment avant l'action.
Et c'est précisément cette différence qui donne parfois l'impression que Donald Trump est « en roue libre ».
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