Pourquoi la Corée du Sud investit dans le cinéma français

Publié : 6h24 par Alicia Méchin

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La France et la Corée du Sud vont mobiliser un milliard d’euros sur cinq ans pour soutenir les filières du cinéma et de l’image.

La France et la Corée du Sud renforcent leur coopération dans le cinéma, les séries, l’animation et plus largement les industries de l’image. À l’occasion du Sommet Lumière, Emmanuel Macron et son homologue sud-coréen Lee Jae-myung ont annoncé la mobilisation d’un milliard d’euros sur cinq ans pour soutenir ces filières.

Mais pourquoi la Corée du Sud aurait-elle intérêt à investir dans la création française, alors qu’elle possède elle-même une industrie cinématographique particulièrement développée ? Il faut savoir que ce n’est pas une coopération qui commence aujourd’hui : les deux pays travaillent déjà ensemble depuis vingt ans pour faciliter leurs coproductions cinématographiques. La France et la Corée du Sud disposent depuis 2006 d’un accord destiné à faciliter leurs coproductions cinématographiques. Il prévoit qu’un film répondant aux conditions fixées par l’accord puisse être considéré comme une œuvre nationale dans les deux pays.

Cette reconnaissance n’est pas simplement symbolique. Elle permet à ces œuvres de bénéficier, en France comme en Corée, des avantages accordés aux productions nationales, sous réserve de respecter les règles applicables dans chaque pays. Pour les producteurs, l’intérêt est donc considérable : une même œuvre peut être conçue et financée avec des partenaires des deux pays, tout en pouvant s’inscrire dans les deux écosystèmes cinématographiques.

Et cette coopération n’est pas nouvelle. L’accord signé il y a vingt ans montre que les deux pays ont déjà organisé juridiquement leurs échanges dans le domaine du cinéma. Le milliard annoncé aujourd’hui s’inscrit donc dans une relation qui existe depuis longtemps, plutôt que dans un rapprochement improvisé.

Pour la Corée, l’enjeu n’est ainsi pas simplement de participer au financement du cinéma français. En investissant dans des projets communs, elle peut contribuer à produire des œuvres capables d’accéder à la fois au marché coréen et au marché français.

Autrement dit, ce milliard ne constitue pas seulement un soutien au cinéma français : il s’inscrit dans une stratégie visant à faire travailler ensemble deux industries culturelles et à permettre aux œuvres de franchir plus facilement les frontières.

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