Pourquoi la date de péremption des médicaments pourrait bientôt être repoussée
Publié : 6h18 par Alicia Méchin
Une quinzaine de laboratoires vont travailler à l’allongement de la durée de conservation de certains médicaments très utilisés en France.
La date inscrite sur une boîte de médicament paraît simple : une fois cette échéance dépassée, le produit serait devenu inutilisable. En réalité, le mécanisme est un peu plus subtil. Et c’est précisément ce qui explique pourquoi certains médicaments pourraient bientôt voir leur durée de conservation allongée.
Une quinzaine de laboratoires vont en effet travailler sur certains médicaments parmi les plus vendus en France, avec un objectif : déterminer s’il est possible de repousser officiellement leur date de péremption. La démarche doit notamment permettre de lutter contre le gaspillage, les pénuries et l’impact environnemental lié à la production et à la destruction de médicaments.
Mais pourquoi faut-il refaire ou approfondir des études si les médicaments sont déjà soumis à des contrôles particulièrement stricts ?
Parce qu’on ne découvre pas aujourd’hui que ces médicaments étaient « bons » plus longtemps. On cherche à démontrer qu’on peut garantir leur qualité, leur efficacité et leur sécurité plus longtemps. Pour obtenir une autorisation de mise sur le marché, un laboratoire doit notamment réaliser des études de stabilité. Elles permettent d’observer l’évolution du médicament dans le temps et de déterminer pendant combien de temps ses caractéristiques restent conformes, dans des conditions de conservation définies. Cette durée est ensuite intégrée au cadre réglementaire du médicament.
Ainsi, si un médicament dispose aujourd’hui d’une durée de conservation de trois ans, cela ne signifie pas nécessairement qu’il devient soudainement inutilisable au bout de trois ans et un jour. Cela signifie que trois ans correspondent à la durée pour laquelle le fabricant dispose des éléments permettant de garantir officiellement sa qualité, son efficacité et sa sécurité.
L’initiative portée par l’Agence nationale de sécurité du médicament consiste donc à regarder si les données disponibles permettent d’aller plus loin. Si cela est scientifiquement démontré et accepté par l’autorité sanitaire, la durée de conservation pourra alors être officiellement modifiée.
Il ne s’agit donc pas de repousser arbitrairement la date inscrite sur les boîtes, ni d’autoriser les patients à consommer des médicaments périmés.
Derrière une simple date imprimée sur une boîte se trouve en réalité une garantie scientifique et réglementaire : une limite qui peut évoluer lorsque les preuves permettent de l’allonger.
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