Pourquoi la rénovation des écoles avance plus lentement qu’annoncé

Publié : 5h37 par Alicia Méchin

Crédit image: Pixabay

Avec les fortes chaleurs et la multiplication des fermetures de classes, la rénovation énergétique des écoles est redevenue un sujet central.

En 2023, Emmanuel Macron fixait un objectif ambitieux : rénover 40.000 établissements scolaires en dix ans, dont 10.000 d’ici 2027, via le dispositif EduRénov. Un an après le lancement du programme, la Banque des Territoires indiquait que plus de 2.000 projets avaient été accompagnés ou financés.

Mais derrière ces chiffres se cache un décalage souvent mal compris. En réalité, parler de “rénovation d’écoles” ne correspond pas à une opération directe pilotée par l’État. En droit français, la compétence est strictement répartie : les communes sont responsables des écoles, les départements des collèges, et les régions des lycées, conformément au Code de l’éducation et au Code général des collectivités territoriales. L’État n’est donc ni propriétaire des bâtiments, ni maître d’ouvrage des travaux.

Il ne peut pas décider seul de rénover une école comme on lancerait un chantier national. Son rôle est indirect : il finance, cofinance, incite et accompagne les collectivités locales. C’est précisément ce que fait EduRénov, qui repose sur des subventions, des appels à projets et un accompagnement technique.

Dans ce cadre, le terme de “projet” devient central, mais aussi trompeur. Un projet de rénovation ne signifie pas qu’une école est en travaux. Il peut désigner une phase d’audit énergétique, une étude de faisabilité, la recherche de financements ou le lancement d’un marché public. Entre cette étape et la livraison effective des travaux, plusieurs années peuvent s’écouler, en raison notamment des règles de la commande publique et de la complexité des montages financiers.

Autrement dit, les indicateurs du plan mesurent davantage une dynamique administrative qu’un résultat physique immédiat. C’est ce qui explique l’écart apparent entre les ambitions affichées et le nombre d’écoles effectivement rénovées à court terme.

Ce décalage met en lumière une réalité plus large de l’action publique : elle ne suit pas une trajectoire linéaire, mais un enchevêtrement de compétences, de validations et de procédures. Le climat se réchauffe de manière continue et simple. La décision publique, elle, avance à travers des circuits multiples, où chaque étape dépend d’acteurs différents et de temporalités propres.

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