Pourquoi le changement d’heure revient-il sans cesse dans le débat public ?

Publié : 5h40 par Alicia Méchin

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Le gouvernement marocain a annoncé le retour du pays à l’heure de Greenwich à partir du 20 septembre prochain. Le Maroc avait instauré l’heure d’été en 2008, entre les mois d’avril et septembre pour réduire la consommation d’énergie.

On pourrait croire que l’heure est une évidence immuable, un repère fixé une fois pour toutes par la nature. En réalité, l’heure telle que nous la connaissons est une construction juridique : chaque État définit légalement son heure de référence, et peut la modifier.

C’est ce que montre, de manière très concrète, l’actualité marocaine. Le gouvernement a annoncé le retour du pays à son heure légale de référence, le GMT, à partir du 20 septembre. Cette décision revient à abandonner le régime instauré en 2018, où le pays vivait en GMT+1 de manière quasi permanente, avec des ajustements ponctuels liés notamment au mois de Ramadan.

Mais le Maroc n’en est pas à sa première évolution. En 2008, il avait déjà instauré un système d’heure d’été, consistant à avancer l’heure officielle pendant les mois les plus ensoleillés, notamment pour des raisons économiques et énergétiques. Autrement dit, le pays a alterné entre plusieurs régimes juridiques du temps, sans jamais changer de réalité géographique, mais en modifiant la norme qui la définit.

C’est précisément là que se trouve le point essentiel : changer d’heure ne consiste pas à déplacer le soleil, mais à modifier une règle juridique commune. L’heure légale est un outil de coordination entre États, indispensable pour organiser les échanges, les transports, ou encore les systèmes économiques interconnectés.

À l’échelle internationale, cette dimension est encore plus visible. Les fuseaux horaires et les systèmes d’heure d’été ne sont pas des données naturelles, mais des conventions partagées qui permettent à des sociétés différentes de fonctionner ensemble au même moment. Modifier cette organisation n’est donc jamais un geste isolé : cela implique une harmonisation avec les partenaires économiques et les voisins.

C’est pour cette raison que la question du changement d’heure revient régulièrement dans le débat public. Elle ne touche pas seulement au confort quotidien ou au rythme biologique, mais à une règle juridique fondamentale de coordination collective. Et tant que cette règle peut être modifiée, simplifiée ou supprimée, elle reste, par nature, un sujet politique récurrent.

Autrement dit, on croit vivre au rythme du soleil, mais en réalité, on vit au rythme d’une norme juridique que les États ont construite.