Pourquoi le gouvernement peut-il décider du prix du Doliprane ?

Publié : 6h29 par Alicia Méchin

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Le gouvernement envisage de réduire de 13 % le prix versé aux fabricants de paracétamol à partir de 2027.

Une mesure qui vise à freiner les dépenses de l'Assurance maladie, mais qui suscite la colère des laboratoires pharmaceutiques. Ces derniers estiment qu'une telle baisse est incompatible avec les investissements engagés pour relocaliser une partie de la production en France. 

Ne revient-il pas au fabricant de fixer le prix de son produit ? Pour les médicaments remboursés, la réponse est non. En France, un médicament remboursé n'est pas vendu sur un marché totalement libre. Son prix est encadré par la puissance publique. Lorsqu'un laboratoire souhaite que son médicament soit pris en charge par l'Assurance maladie, il ne peut pas fixer librement son tarif. Il doit négocier avec le Comité économique des produits de santé (CEPS), un organisme public chargé de déterminer le prix des médicaments remboursables.

Cette négociation est prévue par le Code de la sécurité sociale. Elle repose sur plusieurs critères, parmi lesquels le bénéfice médical apporté par le médicament, le prix des traitements comparables, les volumes de vente prévus ou encore l'impact sur les dépenses de l'Assurance maladie. Si un accord est trouvé, le prix est fixé par convention. En revanche, si les discussions échouent, le CEPS peut imposer sa décision.

Pourquoi un tel système ? Tout simplement parce que, dans le cas d'un médicament remboursé, le principal payeur n'est pas le patient, mais l'Assurance maladie. En prenant en charge une grande partie du coût des traitements, la collectivité finance des milliards d'euros de dépenses chaque année. En contrepartie, la puissance publique conserve un droit de regard sur les prix afin de maîtriser les finances de la Sécurité sociale.

Le débat autour du paracétamol illustre ainsi une tension entre deux objectifs d'intérêt général. D'un côté, l'État cherche à contenir les dépenses de santé. De l'autre, les industriels défendent la rentabilité d'une production relocalisée en France. Derrière cette baisse de prix annoncée se cache donc un mécanisme souvent méconnu : pour les médicaments remboursés, le prix n'est pas fixé par le seul fabricant, mais résulte d'un arbitrage entre les intérêts des laboratoires et ceux de l'Assurance maladie.

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