Pourquoi sommes-nous plus durs avec nous-mêmes qu’avec les autres ?
Publié : 10h00 par Alicia Méchin
Nous sommes bien trop dur avec nous-même, et cela engendre un stress qui peut coûter cher.
Dans l’émission « On prend soin de vous », notre coach en gestion du stress aborde avec nous les problématiques du quotidien, tout en nous prodiguant ses bons conseils. Cette semaine, Mary-Morgane évoque avec nous l’exigence que l’on peut avoir envers nous-même et qui n’est pas sans conséquence.
Imaginez une amie qui traverse une période difficile. Elle est fatiguée, débordée, fait de son mieux mais n’arrive pas à tout gérer. Lui diriez-vous : « Tu es nulle », « Tu aurais dû faire mieux » ou encore « Tu rates toujours tout » ? Probablement pas.
Pourtant, ces phrases ressemblent souvent à celles que nous nous adressons intérieurement chaque jour. Cette petite voix critique est tellement présente qu’on finit par la considérer comme normale. Elle commente nos erreurs, souligne nos imperfections et nous rappelle sans cesse ce que nous aurions dû faire différemment. « Cette voix, on ne l’entend plus, et on finit par la prendre pour réalité », résume Mary-Morgane.
Le problème, c’est que notre corps prend ces critiques au sérieux. Le système nerveux ne distingue pas toujours une menace extérieure d’une attaque intérieure. « Notre système nerveux va se mettre en alerte, et il va vraiment se passer des choses dans le corps », précise notre experte. Chaque jugement sévère peut générer du stress, de la tension et maintenir l’organisme dans un état d’alerte.
Les bons reflexes
Pour éviter cet état de stress, la première étape consiste donc à prendre conscience de ce dialogue intérieur. Lorsque vous surprenez une pensée du type « je ne suis pas assez bien » ou « j’aurais dû faire mieux », essayez simplement de l’observer. Ne cherchez pas à la combattre immédiatement. Remarquez-la. Ce simple recul crée une distance entre vous et votre critique intérieure.
« Rappelez-vous ce que vous avez traversé cette semaine. Parce que vous savez ce que ça vous a coûté. Ce que vous avez porté. Ce que vous avez géré en silence. Ce que vous avez recommencé alors que vous n'en pouviez plus ». Le jugement ne tient compte que de ce qui manque ; il oublie tout le reste. Pourtant, vous connaissez la réalité de votre parcours.
Une question peut alors vous aider : parleriez-vous à un proche de la même manière que vous vous parlez à vous-même ? Si la réponse est non, il est peut-être temps de vous offrir la même compassion que celle que vous accordez naturellement aux autres.
Un geste du quotidien
Prendre du recul, analyser, se poser les bonnes questions peuvent aider à changer son comportement. Mais Mary-Morgane a partagé avec nous également un exercice pratique à faire, lorsque l’on se surprend à juger.
« Posez deux doigts sur votre plexus solaire. Juste en dessous du sternum. Et tapotez doucement, régulièrement, pendant que vous respirez lentement. Une inspiration. Une expiration plus longue que l’inspire. Et les tapotements qui continuent. Pourquoi ça marche ? Parce que le plexus solaire, c'est là que le stress s'installe en premier ».
Contrairement à une idée reçue, la sévérité n’aide pas à progresser. Elle épuise, freine l’apprentissage et nourrit l’anxiété. La bienveillance envers soi n’est pas de la complaisance : c’est une compétence qui s’apprend. Plus nous remplaçons le jugement par la compréhension, plus nous renforçons notre capacité à avancer sereinement.
Après tout, nous méritons de recevoir de nous-mêmes le même regard encourageant que nous offrons à ceux que nous aimons.
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