Quand l’IA tente de traduire le langage des animaux
Publié : 6h00 par Alicia Méchin
Et si l’intelligence artificielle permettait bientôt de mieux comprendre ce que veulent nous dire nos animaux de compagnie ? Des chercheurs travaillent sur des outils capables d’analyser leurs sons et leurs comportements.
En 2025, un nouveau centre de recherche interdisciplinaire s’est lancé un défi pour le moins original : utiliser l’intelligence artificielle afin de mieux comprendre la communication entre les humains et les animaux domestiques. Le projet réunit notamment des spécialistes de l’IA, des neurosciences, de l’éthologie et des sciences du langage.
L’objectif est d’analyser les signaux émis par les chiens, les chats ou encore les chevaux : aboiements, miaulements, ronronnements, postures, mouvements de la queue, position des oreilles ou encore regards. Pour cela, les chercheurs utilisent des bases de données audiovisuelles, des capteurs et des caméras, afin de mettre en évidence des liens entre certains signaux et les états émotionnels des animaux.
L’intelligence artificielle peut notamment analyser les fréquences et les modulations des sons, reconnaître des vocalisations et croiser ces informations avec le contexte. L’idée n’est donc pas simplement de traduire un « miaou » par une phrase humaine, mais de déterminer, par exemple, si un animal est stressé, douloureux, inquiet ou cherche à communiquer un besoin particulier.
Les applications pourraient être concrètes. Une IA capable de repérer des signes de douleur ou de stress pourrait ainsi devenir une aide au diagnostic vétérinaire. Elle pourrait également permettre de mieux adapter l’éducation d’un animal ou d’améliorer les interactions avec son propriétaire. À terme, certains chercheurs imaginent même des systèmes capables de répondre à l’animal en temps réel.
Mais les chercheurs mettent en garde contre une limite majeure : l’IA ne sait pas encore si elle traduit réellement un message ou si elle interprète simplement un comportement. Il existe notamment un risque d’anthropomorphisme : attribuer aux animaux des intentions humaines à partir de simples corrélations statistiques.
L’ambition est donc moins de créer un « Google Traduction » pour animaux que de construire un nouvel outil pour mieux décoder leurs comportements. L’IA ne nous permet pas encore de parler avec eux, mais elle pourrait nous apprendre à mieux les écouter.
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