Quand le corps parle à notre place

Publié : 10h00 par Alicia Méchin

Crédit image: Pixabay - générée par IA

Toutes les semaines, nos expertes en bien-être nous aident à mieux gérer notre quotidien. Ce jeudi, Mary-Morgane a évoqué avec nous la façon dont notre corps absorbe nos émotions, et ce qu’il nous dit.

Vous est-il déjà arrivé d’avoir le dos bloqué avant une réunion importante, le ventre noué à l’approche d’un conflit, ou la gorge serrée au moment de dire quelque chose de difficile ? Ces réactions ne sont ni anodines ni imaginaires. Elles traduisent une réalité de plus en plus reconnue : « Tout ce qui ne s’exprime pas s’imprime », nous explique Mary-Morgane, experte en gestion du stress.

Nous faisons souvent la même erreur : croire que comprendre suffit. « On fait de la thérapie, on parle, on analyse, précise Mary-Morgane, c’est utile, vraiment. Mais parfois, malgré tout ce travail intellectuel, quelque chose résiste ». Alors, pourquoi certaines tensions persistent-elles malgré une bonne compréhension de soi ? « Parce qu’on cherche au mauvais endroit. Les émotions ne sont pas stockées dans la tête ».

Elles s’inscrivent dans le corps : dans les muscles, la respiration, le ventre ou la poitrine. Le corps, lui, n’oublie rien. Il conserve ce qui n’a pas pu être exprimé, comme un mécanisme de protection… jusqu’à saturation.

Libérer ses émotions

Pour libérer ces émotions, il faut alors changer d’approche. Le corps ne parle pas le langage des mots, mais celui des sensations, du mouvement et de la respiration. « C'est pour ça que des pratiques comme le yoga, la danse, ou certaines techniques de respiration peuvent faire en quelques séances ce que des années de thérapie verbale n'ont pas réussi à débloquer », affirme notre experte.

Parmi elles, le breathwork — une respiration consciente et guidée — permet d’accéder à des états profonds où le corps peut enfin relâcher ce qu’il retenait parfois depuis des années. « Via une modification du taux de CO2 dans le sang, elle crée un état particulier dans le corps et le cerveau, un peu comme une clé qui ouvre des portes que la parole seule ne peut pas atteindre ».

Cette pratique, réalisée par un praticien formé, peut ouvrir des espaces de libération puissants et durables, comme le relate Mary-Morgane. « J'ai accompagné des personnes qui ont pleuré en séance alors qu'elles n'avaient pas versé une larme depuis dix ans. Pas parce qu'elles avaient décidé de pleurer, mais parce que leur corps avait enfin trouvé la sortie ».

En pratique

Contrairement aux idées reçues, les émotions sont d’abord physiques. Pleurer, par exemple, n’est pas un signe de faiblesse mais un mécanisme naturel de régulation. De même, certaines douleurs chroniques peuvent avoir une origine émotionnelle. Et la bonne nouvelle, c’est qu’il est possible de s’en libérer à tout âge.

Alors comme chaque semaine, notre experte nous a révélé un exercice facile à faire, ais qui peut déjà faire la différence : lorsque vous ressentez une émotion, demandez-vous où elle se situe dans votre corps. Posez une main à cet endroit et nommez-la. Ce geste, en apparence anodin, permet de reconnaître ce qui est là — et souvent, d’en diminuer l’intensité.

Car au fond, le problème n’est pas l’émotion elle-même, mais le fait de faire comme si elle n’existait pas.