Renault anticipe l’avenir et réduit ses voitures thermiques

Publié : 10h20 par Alicia Méchin

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D’ici 2030, Renault prévoit d’arrêter la production de voitures thermiques en Europe.

Cette décision concerne uniquement les véhicules de la marque Renault et le territoire européen : les voitures thermiques continueront d’être vendues par le groupe ailleurs dans le monde. La stratégie du groupe illustre néanmoins les transformations profondes de l’industrie automobile européenne.

Ce choix s’inscrit dans un contexte réglementaire évolutif. L’Union européenne a en effet révisé́ son objectif sur les émissions de CO₂ : la réduction totale prévue pour 2035 est désormais de 90 % par rapport à 2021, au lieu des 100 % initialement envisagés. Les constructeurs devront compenser les 10 % d’émissions restantes, ce qui impose de nouvelles contraintes techniques et stratégiques.

Concrètement, chaque constructeur doit respecter une limite moyenne d’émissions de CO₂ pour toutes les voitures qu’il commercialise. En pratique, les émissions moyennes sont calculées annuellement et transmises à la Commission européenne. Toute irrégularité expose le constructeur à des amendes sévères. Pour atteindre les objectifs, les entreprises ont deux options : vendre des véhicules très peu émetteurs ou recourir à des mécanismes technologiques de compensation validés par l’UE.

Renault cherche donc à anticiper ces évolutions. La fin de la production thermique en Europe ne signifie pas la disparition totale du moteur à combustion, mais marque un tournant : le moteur thermique doit désormais devenir extrêmement rare et extrêmement propre. Cette stratégie traduit l’ambition du groupe de rester compétitif tout en respectant les nouvelles normes environnementales, tout en laissant une marge de manœuvre pour les marchés internationaux où la demande pour les véhicules thermiques persiste.

En résumé, Renault illustre comment l’industrie automobile européenne s’adapte à la réglementation environnementale et à l’évolution des attentes des consommateurs. Le moteur thermique n’est pas encore condamné, mais son rôle dans le parc automobile européen est appelé à changer radicalement : il sera réservé à des niches spécifiques et devra être technologiquement optimisé pour limiter son impact écologique.

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