Retraite à 62 ans : ce que changerait vraiment l’amendement adopté par les députés

Publié : 6h00 par La rédaction

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Un amendement au budget de la Sécurité sociale pour 2027 propose de permettre à certains salariés de cesser de travailler dès 62 ans, tout en étant rémunérés par leur employeur. Mais des dispositifs de départ anticipé existent déjà. Alors, quelle serait la véritable nouveauté ?

Les députés ont adopté, jeudi 22 octobre, un amendement porté par l’écologiste Sandrine Rousseau, visant à permettre à certains salariés de cesser leur activité professionnelle dès 62 ans, sans attendre l’âge légal de départ à la retraite.

Le dispositif concernerait les salariés ayant validé au moins 168 trimestres pour leur retraite, soit l’équivalent de 42 années. Ils pourraient arrêter de travailler tout en percevant de leur employeur une rémunération équivalente à leur future pension de retraite de base à taux plein, jusqu’à l’âge légal applicable à leur génération.

Attention toutefois : l’adoption de cet amendement ne signifie pas que la mesure est entrée en vigueur. Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2027 doit encore poursuivre son parcours parlementaire.

 

Des départs anticipés déjà possibles

En réalité, il existe déjà plusieurs dispositifs permettant de quitter son emploi avant l’âge légal de la retraite. C’est notamment le cas du dispositif des carrières longues, qui autorise certains assurés ayant commencé à travailler jeunes à liquider leur pension plus tôt, sous conditions.

Certaines entreprises proposent également des dispositifs de préretraite, permettant à leurs salariés de cesser leur activité avant de pouvoir officiellement prendre leur retraite. Mais ces mécanismes doivent avoir été préalablement mis en place, notamment par accord collectif ou décision de l’employeur.

C’est précisément là que réside la nouveauté de l’amendement adopté par les députés. Le texte propose de créer un droit directement inscrit dans le Code du travail. Un salarié remplissant les conditions pourrait ainsi demander à bénéficier d’un congé anticipatoire de départ en retraite, même si son entreprise n’a prévu aucun dispositif de préretraite.

Et surtout, en cas de refus de l’employeur, le salarié pourrait saisir le conseil de prud’hommes pour faire valoir ses droits. La véritable nouveauté ne serait donc pas de pouvoir arrêter de travailler à 62 ans, mais de pouvoir l’exiger de son employeur.