Sophie Adenot dans l’espace : les objets personnels sont eux aussi soumis au droit

Publié : 9h05 par Alicia Méchin

Crédit image: Wikimedia commons @sebastiannterburg

Jeudi, la Française Sophie Adenot s’apprête à décoller vers la Station spatiale internationale (ISS) aux côtés de trois autres astronautes.

Leur mission, d’une durée de huit mois, les conduira à vivre et travailler en orbite terrestre basse, dans un environnement aussi fascinant qu’extrêmement réglementé. À l’occasion d’une conférence de presse, Sophie Adenot a levé le voile sur un aspect plus intime de cette aventure : les objets personnels qu’elle emportera avec elle dans l’espace.

Parmi eux, un ours en peluche appartenant à sa fille, symbole du lien familial malgré la distance, et l’écusson de mission de Claudie Haigneré, figure emblématique de l’astronautique française. Des choix chargés d’émotion, mais qui soulèvent une question souvent méconnue du grand public : les astronautes peuvent-ils réellement emmener ce qu’ils veulent avec eux ?

La réponse est claire : non. Les objets personnels sont strictement encadrés par les agences spatiales. Ils doivent d’abord respecter des contraintes techniques évidentes — ne pas être trop volumineux, inflammables ou susceptibles de présenter un danger pour le vaisseau ou l’équipage. Mais au-delà de ces impératifs de sécurité, un autre cadre, plus discret, entre en jeu : le cadre juridique.

Chaque objet personnel emporté en mission doit être déclaré et validé en amont. Une fois en orbite, l’ours en peluche ou l’écusson historique change de statut : il devient un bien placé sous contrôle juridique et technique. Cette formalité permet d’éviter tout conflit de propriété, tout usage commercial non autorisé, mais aussi de clarifier les responsabilités en cas de dommage, de perte ou d’utilisation par un autre membre de l’équipage.

Si les objets restent, en principe, la propriété de l’astronaute, leur statut peut devenir juridiquement ambigu dans l’environnement spatial, notamment si un incident survient. La déclaration préalable permet alors de déterminer clairement qui est responsable et dans quelles conditions l’agence spatiale doit intervenir.

Ainsi, même les souvenirs les plus personnels n’échappent pas au droit une fois franchie la ligne de Kármán. Dans l’espace, chaque détail compte, et même un simple objet affectif devient une affaire sérieusement encadrée. Une preuve supplémentaire que l’exploration spatiale, aussi humaine soit-elle, reste avant tout une aventure collective, réglementée et rigoureusement organisée.

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