Taxe sur le sucre : la taxe soda a-t-elle vraiment changé les comportements ?

Publié : 8h00 par La rédaction

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Alors que le gouvernement envisage d’élargir la taxation des produits sucrés dans le cadre du budget 2027, une question se pose : les précédentes taxes ont-elles réellement permis de réduire la consommation de sucre ?

Après la taxe sur les boissons sucrées, le gouvernement envisage une nouvelle étape dans sa politique de lutte contre l’excès de sucre. Dans le cadre du budget 2027, il souhaite étendre cette fiscalité à certains aliments transformés contenant du sucre. La mesure pourrait rapporter environ 200 millions d’euros à l’État et reprendrait le principe d’une taxation progressive en fonction de la quantité de sucre.

Mais la taxe soda a-t-elle réellement changé les habitudes des Français ?

La réponse est nuancée. Une réforme importante est intervenue en 2018 : la taxe sur les boissons contenant des sucres ajoutés a été rendue progressive. Plus une boisson contient de sucre, plus elle est taxée. L’objectif était notamment d’inciter les consommateurs à acheter moins de produits sucrés, mais aussi de pousser les fabricants à modifier leurs recettes.

Selon un rapport du Sénat publié en 2024, l’effet sur les consommateurs reste toutefois limité. Après la réforme, l’indice de prix des boissons contenant des sucres ajoutés n’a augmenté que de 1,7 % en moyenne par rapport aux boissons édulcorées. Cette hausse s’est accompagnée d’une légère diminution des achats de sucre provenant de ces boissons : environ 30 grammes de sucre en moins par mois et par ménage, soit à peine un gramme par jour. Le Sénat qualifie donc l’impact sur la consommation de sucre de marginal.

La taxe peut cependant produire un autre effet, directement auprès des industriels. Entre 2014 et 2019, 69 reformulations à la baisse de la teneur en sucre ont été recensées en France. Mais seules 26 étaient suffisamment importantes pour permettre aux produits concernés de changer de catégorie fiscale.

Le bilan est donc loin d’être celui d’un bouleversement des habitudes alimentaires. La taxe soda a bien entraîné certains changements, à la fois dans les achats et dans la composition de certains produits. Mais leur ampleur reste limitée.

Alors que le gouvernement prépare une nouvelle taxation des produits sucrés, l’expérience de la taxe soda constitue donc un précédent important : taxer davantage peut modifier certains comportements, mais l’effet dépend notamment de l’importance du signal envoyé aux consommateurs et aux fabricants.