Trump peut-il vraiment gouverner sans le Congrès ?
Publié : 6h00 par Alicia Méchin
Aux Etats-Unis, les élections de mi-mandat du 3 novembre pourraient faire perdre aux Républicains le contrôle du Congrès. Une défaite qui ne ferait pas quitter Donald Trump de la Maison-Blanche, mais qui pourrait sérieusement compliquer son action.
Donald Trump joue gros lors des élections de mi-mandat américaines. Le président a récemment promis un « dividende » de 5 000 dollars par adulte si les républicains conservent le contrôle des deux chambres du Congrès. Une promesse qui montre à quel point l’issue du scrutin compte pour lui.
Actuellement, le Parti républicain contrôle la Chambre des représentants et le Sénat, avec des majorités particulièrement étroites. Mais si les démocrates parviennent à reprendre l’une ou les deux chambres, que se passera-t-il réellement pour Donald Trump ?
Une première chose ne changera pas : il restera président. Une élection de mi-mandat ne permet pas de destituer le président. Trump conservera donc ses pouvoirs exécutifs et pourra continuer à prendre des décisions relevant de ses compétences, notamment par décret.
Mais il perdrait une partie des moyens nécessaires pour transformer ces décisions en politiques durables.
Le Congrès possède notamment un pouvoir essentiel : celui de voter les dépenses fédérales. Le président ne peut pas décider seul de consacrer de nouveaux milliards de dollars à une politique publique. Lorsqu’une mesure nécessite de nouveaux crédits, il faut que le Congrès les autorise.
Une majorité hostile pourrait donc compliquer considérablement la mise en œuvre du programme présidentiel. Elle pourrait aussi bloquer certaines initiatives législatives et utiliser les pouvoirs d’enquête du Congrès pour contrôler davantage l’administration Trump.
Le Sénat possède par ailleurs un rôle déterminant dans la confirmation de nombreuses nominations présidentielles. Si les démocrates en reprenaient le contrôle, ils pourraient donc également peser sur le choix de certains hauts responsables.
La situation serait donc assez paradoxale : Trump pourrait continuer à gouverner, même avec un Congrès hostile, mais il aurait beaucoup plus de difficultés à faire adopter et financer ses nouvelles politiques.
Les élections de novembre ne décideront donc pas directement de l’avenir de Donald Trump à la Maison-Blanche. Elles détermineront surtout jusqu’où il pourra aller avec un Congrès qui, aujourd’hui, reste encore largement favorable à son parti.
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