Une Angevine derrière Zèta, les baskets créées à partir de raisin !

21 février 2023 à 11h00 par Théo Palud

25 000 paires de baskets ont été vendues jusqu'à maintenant.
25 000 paires de baskets ont été vendues jusqu'à maintenant.
Crédit : Laure Babin - Zèta

Grâce à sa marque, Laure Babin a permis de recycler plus de 50 tonnes de déchets en fabriquant ses sneakers. Sensible aux enjeux environnementaux, la jeune femme de 25 ans souhaite transformer l’industrie de la basket.

Elles ont l’aspect d’une basket classique, blanche et avec un logo de couleur, mais pourtant elles ne sont pas faites en cuir animal. L’Angevine Laure Babin a lancé en 2020 Zèta, sa propre marque de sneakers. « Zèta, c’est une marque zéro déchet fabriquée uniquement à partir de matières recyclées et vegan, dans laquelle on retrouve notamment du marc de raisin revalorisé mais aussi du plastique et du caoutchouc recyclés », détaille-t-elle.

 

Zèta, kézako ?

Un projet éco-responsable qui sonnait comme une évidence pour celle qui a fait des études en commerce avant de se spécialiser dans l’industrie de la mode, les « problématiques environnementales » l’ayant toujours sensibilisée. Mais au fait, pourquoi Zèta ? « C’est un dérivé de la fonction zéro en mathématiques donc pour zéro déchet, et on a aussi appris par une cliente que c’est le nom d’un vignoble en Hongrie ! », raconte Laure. Pour une marque de baskets faites à partir de raisin, ça tombe plutôt bien !

 

De l’Italie au Portugal

Pour fabriquer ces baskets, il faut tout d’abord récupérer du marc de raisin issus de vignobles près de Milan. « C’est ce qui reste après la vinification, les peaux, les pépins et les résidus vont être mis de côté puis déshydratés pour devenir une matière très sèche qui sera réduite en poudre, explique Laure. Elle sera ensuite intégrée à du coton recyclé et une petite partie de plastique pour solidifier la matière. »

Le résultat donne une pâte qui sera ensuite teinte puis étalée pour devenir de grandes bandes de cuir comme du cuir animal. Ce cuir vegan sera ensuite découpé et assemblé sur la chaussure par la vingtaine d’artisans basés au Portugal.

Étapes de fabrication

Un concept qui fonctionne bien : depuis la création de la marque, 25 000 paires de baskets ont été commercialisées ce qui équivaut à plus de 50 tonnes de déchets recyclés !

 

Déconstruire l’industrie de la mode

Avec Zèta, Laure ne manque pas d’ambition. L’objectif est clair : apporter sa pierre à l'édifice pour transformer le monde du prêt-à-porter. « L’industrie de la mode tourne à l’envers, et l’industrie de la basket à encore de réels enjeux à résoudre dans le sens où 90% des baskets sont encore produites à l’autre bout du monde en Asie dans des conditions peu transparentes, à partir de matières comme du plastique, du polyester qui sont des dérivés du pétrole ». L’entrepreneuse du Maine-et-Loire mise donc sur « un produit plus propre, fabriqué intelligemment en circuit court en Europe pour donner un peu de sens à ces industries ».

Prôner une production plus responsable

Toujours dans une optique respectueuse de l’environnement, Laure et ses équipes ont lancé récemment une collaboration avec Nespresso pour revaloriser leur marc de café, s’ajoute à ça des idées de recyclage de plastique mais aussi d’algues proliférant sur les côtes pour fabriquer leurs chaussures. « On prévoit également tout un tas de nouveaux modèles de baskets ainsi qu’une gamme pour enfants à la rentrée », glisse la jeune femme.

Comptez entre 135 et 149 euros la paire de baskets. À savoir qu’il est possible de la renvoyer gratuitement contre un bon d’achat lorsque celle-ci est trop usée. « En France, il y a un vrai problème de recyclage des chaussures usées. Elles finissent souvent dans les ordures ménagères, et nous voulions pallier à ça et éviter qu’elles soient un déchet supplémentaire », conclut-elle.