Velvet face à la SNCF : les prix des billets de train vont-ils baisser ?

Publié : 6h00 par Alicia Méchin

Crédit image: Pixabay

L’arrivée de Velvet sur plusieurs grandes lignes françaises à partir de 2028 va renforcer la concurrence avec la SNCF. Une concurrence qui pourrait peser sur les prix, mais qui ne signifie pas forcément des billets moins chers pour tous les voyageurs.

Après Trenitalia, une nouvelle compagnie ferroviaire française s’apprête à venir concurrencer la SNCF sur le réseau à grande vitesse. Velvet a obtenu sa licence ferroviaire et prévoit de lancer ses premiers trains en 2028, notamment sur les liaisons Paris-Bordeaux, Paris-Nantes, Paris-Angers et Paris-Rennes.

Une question se pose immédiatement : cette nouvelle concurrence va-t-elle faire baisser le prix des billets ?

La réponse est plutôt oui… mais pas automatiquement. Dans le ferroviaire, les compagnies disposent d’une certaine liberté pour fixer leurs tarifs. Elles peuvent notamment utiliser une tarification dynamique : lorsque la demande augmente et qu’un train se remplit, les prix peuvent évoluer à la hausse. À l’inverse, l’arrivée d’un concurrent peut les pousser à proposer des tarifs plus attractifs pour conserver leurs voyageurs.

L’expérience de Paris-Lyon donne justement un aperçu de ce mécanisme. Trenitalia y a lancé ses premiers trains en décembre 2021. Entre 2019 et 2024, le prix moyen des billets à grande vitesse sur cet axe a diminué de plus de 10 %, alors que les prix augmentaient sur d’autres liaisons à grande vitesse.

Attention toutefois à ne pas attribuer mécaniquement cette baisse à Trenitalia : plusieurs facteurs peuvent expliquer l’évolution des prix. Mais l’exemple montre que l’arrivée d’un nouvel opérateur peut modifier les conditions du marché et exercer une pression sur les tarifs.

Surtout, une compagnie ferroviaire ne peut pas simplement décider de vendre ses billets à prix cassés. Pour circuler, Velvet devra notamment payer des péages à SNCF Réseau afin d’utiliser les infrastructures ferroviaires. À cela s’ajoutent les coûts de l’énergie, des trains, des salariés et de la maintenance.

La concurrence peut donc pousser les opérateurs à se battre davantage sur les prix. Mais elle ne fait pas disparaître le coût du ferroviaire.

Pour les voyageurs, le résultat pourrait surtout être davantage de choix et davantage de possibilités de trouver un tarif intéressant, plutôt qu’une baisse automatique de tous les billets.