Yonne : « graves dysfonctionnements » dans un Ehpad, l’activité suspendue

De graves dysfonctionnements ont été relevés dans un Ehpad de l'Yonne.
De graves dysfonctionnements ont été relevés dans un Ehpad de l'Yonne.
Crédit: Pixabay - Photo d'illustration

19 mai 2022 à 9h21 par Étienne Escuer

L’Agence régionale de santé (ARS) annonce ce mercredi 18 mai la suspension de l’activité d’un Ehpad de l’Yonne, après de « graves dysfonctionnements ».

Alors que les révélations de dysfonctionnements se multiplient dans les Ehpad depuis la publication du livre Les Fossoyeurs, de Victor Castanet, un établissement de l’Yonne a vu son activité suspendue pour six mois. Une inspection réalisée les 11 et 12 mai derniers par l’Agence régionale de santé a révélé « un grand nombre de dysfonctionnements » au sein de l'Ehpad Résidence Flore de Saint-Agnan.

 

« L'absence de continuité des soins médicaux et paramédicaux mettent en particulier gravement en danger la santé et la sécurité des personnes accueillies », explique l’ARS. « Un défaut de prise en charge et d'accompagnement individualisé adaptés à l'âge et aux besoins des résidents et favorisant leur autonomie, compromet par ailleurs leur santé et leur bien-être », poursuit le communiqué qui parle également « d'autres manquements relatifs au circuit du médicament ou à la sécurisation des locaux ».

 

Manque de personnel

 

Selon l'ARS, l'établissement est en surcapacité, avec 39 résidents, « pour une capacité normale de 33 et 4 places d'accueil temporaire ». L'agence pointe également des problèmes de personnel : « l'absence de médecin coordonnateur, l'arrêt longue maladie d'un des médecins traitants, sans procédure prévue pour le renouvellement des ordonnances et l'absence de tout personnel infirmier le jour de l'inspection ». « Sur un effectif théorique de 10 aide-soignants, la structure n'en dispose que de cinq, dont trois seulement ayant un diplôme certifié. Cela démontre un désintérêt de l'organisme gestionnaire pour le suivi de santé des résidents », poursuit l'ARS. Selon l’Yonne Républicaine, qui a eu accès à l’arrêté pris par les autorités, plus de 50% des résidents souffriraient de dénutrition.

 

L'ARS a nommé trois administrateurs provisoires pour assurer la continuité de prise en charge de la quarantaine de résidents de l’établissement, qui appartient au groupe Bridge. Début mars, un autre Ehpad de ce groupe, dans le Calvados, avait aussi été suspendu pour six mois, également pour des « dysfonctionnements graves ». Le gouvernement a de son côté annoncé un « vaste plan de contrôle » de 7.500 Ehpad en deux ans pour prévenir les maltraitances.


Bridge a qualifié ce jeudi de « disproportionnée » la décision de l'ARS. « Nous déplorons une mesure brutale qui laisse les équipes en place et les familles dans la sidération », a réagi dans un communiqué le groupe, promettant de contester devant la justice la mesure, prise « sans la tenue d'un quelconque échange contradictoire ». Ils invoque des « importantes difficultés de recrutement, en particulier pour les médecins et infirmiers » et promet de « diligenter un audit sur la gestion de cet établissement, réalisé par un cabinet indépendant, afin de faire la lumière sur les faits très sérieux rapportés ».

 

(Avec AFP)