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Dépistage du cancer du col de l’utérus : pourquoi, pour qui et quand  ?

27 janvier 2020 à 04h30 Par Lucie Claussin
Crédit photo : Wikimédia ©

Le cancer du col de l’utérus est la 10 ème cause de mortalité par cancer chez la femme. Cependant, un dépistage et un vaccin existent pour lutter efficacement contre le virus responsable de ce cancer, lui-même responsable de 1100 décès par an en France.

Jusqu’au 2 février 2020 se tient en Europe, la semaine de prévention et de dépistage du cancer du col de l’utérus. L’occasion de rappeler l’importance du dépistage, d’inciter à sa réalisation et de mieux informer sur la vaccination. En Centre-Val de Loire, le Centre Régional de Coordination des Dépistages des Cancers va se mobiliser toute cette semaine pour sensibiliser les Français au cancer du col de l’utérus, notamment en incitant au dépistage. Le cancer du col de l'utérus est le 12ème cancer féminin, la 10ème cause de mortalité par cancer chez la femme et cause 1100 décès par an en France.

Afin de mieux comprendre comment se passe un dépistage, la Dr Émilie Fetissof, médecin coordonnateur de l’antenne 41 (Loir-et-Cher) nous a donné quelques explications :

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Par quoi est provoqué le cancer du col de l’utérus ?

Le cancer du col de l’utérus est provoqué par une infection causée par des virus très courants appelés papillomavirus humains (HPV). Ces virus sont présents sur les tissus et les muqueuses, et se transmettent le plus souvent lors de rapports sexuels, avec ou sans pénétration. Le préservatif ne permet donc pas de s’en protéger complètement. En général, le corps parvient à éliminer l'infection due aux papillomavirus humains. Toutefois, dans certains cas, cette infection persiste au niveau du col du l’utérus. Elle provoque alors des lésions qui, si elles ne sont pas traitées, peuvent évoluer vers un cancer 10 à 15 ans après leur apparition.

 

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D’après la Dr Émilie Fetissof, 80 % de la population aurait été un jour en contact avec les papillomavirus humains. Dans la plupart des cas, le virus est éliminé spontanément par l’organisme. Cependant, c’est dans les cas où le virus persiste qu’il entraîne des dommages au niveau des cellules. Par la suite, à plus ou moins long terme, le corps va développer des lésions pré-cancéreuses ou cancéreuses au niveau du col de l’utérus.

Quels sont les symptômes ?

 

L’infection par le papillomavirus au niveau du col de l’utérus est asymptomatique, c’est à dire qu’il n’y a pas de signe particulier, d’où l’importance de le faire dépister. Concernant les lésions pré-cancéreuses, il y a là aussi en général peu de signes, bien que certaines femmes puissent ressentir des douleurs, de la fatigue ou encore des saignements anormaux.

 

 Qui peut se faire dépister/vacciner et quand ?

Le dépistage concerne toutes les femmes de 25 à 65 ans. Il repose sur la réalisation d’un frotti réalisé par un.e médecin généraliste, un.e sage-femme, certains laboratoires d’analyses médicales sur prescription, ou bien par un.e gynécologue.

  • Fréquence du dépistage

Le dépistage commence à 25 ans, vient ensuite un second frotti à 26 ans. Si les deux premiers frottis sont normaux, il faudra ensuite faire un frotti tous les 3 ans jusqu’à 65 ans. 

À savoir que, si toutes les femmes de 25 à 65 ans étaient régulièrement dépistées, 90% des cancers du col de l’utérus pourraient être évités.

  • Remboursement et prise en charge

Le dépistage est pris en charge dans les conditions habituelles avec une part remboursée par l’assurance maladie et une part prise en charge par les mutuelles. Dans le cadre du dépistage organisé du cancer du col de l’utérus, les femmes en retard dans leurs frottis vont recevoir un courrier qui va permettre une prise en charge à 100% de l’analyse du frotti par un laboratoire.

  • L’importance du vaccin 

Pour lutter contre le papillomavirus, il existe un vaccin, qui s’adresse aux jeunes filles de 11 à 14 ans, avec un rattrapage possible jusqu’à 19 ans. Depuis 2019, la Haute Autorité de Santé a émis un avis favorable à la vaccination des garçons qui ont des rapports sexuels avec d’autres garçons, puisque le papillomavirus est aussi responsable du cancer de l’anus. Le vaccin chez les garçons est possible jusqu’à 26 ans.