Nièvre : l’accès à l’avortement s’est amélioré

L'IVG est légale en France depuis 1975.
L'IVG est légale en France depuis 1975.
Crédit: GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP - Image d'illustration.

18 mai 2022 à 7h00 par Étienne Escuer

Alors que l’accès à l’IVG était devenu compliqué dans la Nièvre, une initiative de l’ARS et du département a permis d’améliorer la situation.

Il n’est pas toujours simple de trouver un professionnel de santé dans un département rural comme la Nièvre. Quand la demande concerne une interruption volontaire de grossesse, le temps presse pourtant. Jusqu’en 2016, « il n’y avait pas de médecins généralistes ni de sages-femmes libérales qui pratiquaient l’IVG médicamenteuse », confie Christine Paumier, sage-femme qui travaille pour le centre de santé sexuelle de la Nièvre.

 

Face à ce constat, tous les acteurs concernés, dont l’Agence régionale de santé et le Conseil départemental, décident alors de lancer une grande réflexion sur le sujet. Il en aboutira en 2016 une plateforme avec numéro unique permettant de centraliser les demandes pour rediriger au mieux les femmes. « On a commencé par faire un état des lieux des professionnels ressources », explique Christine Paumier. « On a aussi formé des professionnels de santé, car l’idée était d’avoir un bon maillage sur le département. »

 

Le maillage territorial renforcé

 

Aujourd’hui, six ans après, la situation s’est ainsi grandement améliorée, se félicite Christine Paumier. « On a une quinzaine de professionnels (médecins et sages-femmes libérales) qui pratiquent l’IVG sur l’ensemble du département, sans compter les hôpitaux de Nevers et de Cosne-sur-Loire, le centre de périnatalité de Clamecy et le centre de planification de Nevers et ses quatre antennes dans le département. » Désormais, les délais d’accès à l’IVG ne dépassent plus quelques jours.

 

Le fonctionnement de la plateforme est simple : les femmes appellent un numéro dédié. Elles participent alors à un entretien et sont soit dirigées vers un professionnel de santé, soit prises en charge directement, selon leurs besoins et désirs. Depuis 2016, environ 150 personnes ont ainsi appelé la plateforme, sans compter celles qui ont téléphoné directement au centre de planification.

 

Chaque année, 450 à 500 femmes ont recours à l’avortement dans la Nièvre, que ce soit par voie médicamenteuse ou chirurgicale. Un chiffre relativement constant ces dernières années. A l’heure où certains grands pays comme les Etats-Unis pourraient revenir sur le droit à l’IVG, Christine Paumier rappelle l’importance d’être vigilant et de se mobiliser pour l’accès à l’IVG. « Ayons toujours la volonté que ce droit reste un droit acquis pour toutes et gratuitement ! », martèle-t-elle.

 

 

Pratique : La plateforme départementale d’accès à l’IVG est joignable au 06.48.28.60.76 et répondra à toutes vos questions sur l'IVG. Vous pouvez aussi contacter le centre de planification, aujourd’hui appelé centre de santé sexuelle, au 0.800.580.000. Pour rappel, les délais d’accès à l’IVG ont été revus à la hausse récemment : l’IVG médicamenteuse est possible jusqu’à 7 semaines de grossesse (9 semaines après le début des dernières règles) et l’IVG par voie chirurgicale jusqu’à 14 semaines (16 semaines après le début des dernières règles).